Pièce artisanale, tatouage ou encore objet de décoration, l’attrape-rêve est plus que cela.  Ce petit objet décoratif, qui ressemble à une toile d’araignée tissée, regorge l’histoire de toute une tribu. Sa légende remonte à très longtemps, à l’époque des Amérindiens. Si l’attrape-rêve est de nos jours accrochée dans les chambres à coucher, c’est qu’il a la vertu de protéger des mauvais rêves. Retour sur la signification et l’histoire de ce petit objet.

Qu’est-ce que l’attrape-rêve ?

Objet très tendance en ce moment pour décorer la chambre à coucher, notamment celle d’un enfant, l’attrape-rêve fait office de capteurs de rêves.  Cette pièce artisanale, dans sa plus grande simplicité, est formée d’un cercle, d’une toile tissée à l’intérieur du cercle et divers objets de décoration tels que plume, dentelles, rubans ou perles, etc.

L’attrape-rêve, comme son nom l’indique, signifie qu’il attrape les rêves. Il  a pour objectif ultime de protéger le sommeil de son propriétaire, en filtrant les mauvais rêves et en laissant passer les bons rêves. Le modèle traditionnel de l’attrape-rêve est fabriqué en forme de cercle, mais de plus en plus de fabricants n’hésitent pas à adapter d’autres formes comme le triangle, le carré ou encore la forme d’un cœur.

Femme portant un attrape reve

Origine de l’attrape-rêve

L’attrape-rêve est une pièce artisanale qui vient de la culture amérindienne. Plusieurs légendes tournent autour de son origine, selon les tribus. Mais ses plus grandes origines remontent chez les tribus Ojibwé ou Lakota. Trois grandes histoires sont en effet, à l’origine de l’attrape-rêve.

La légende du chasseur

Cette légende raconte l’histoire d’un chasseur qui est parti pour chercher de quoi à manger pour sa famille et sa tribu. Au bout de plusieurs jours de marche, sans rien trouver, l’homme prit de fatigue, s’est arrêté pour se reposer. Il décida alors de se reposer dans une grotte où il rencontra un esprit maléfique sous l’apparence d’une bête énorme et terrifiante.  Pris d’une peur effroyable, l’homme s’enfuit et retourna chez lui. Hanté par l’esprit de cette bête, l’homme ne cessa de faire des mauvais rêves, les nuits qui s’ensuivent.

Un jour, lorsqu’il retourna dans la forêt, l’homme fatigué de ses nuits blanches, s’est retrouvé endormi en plein milieu de la forêt. À son réveil, il fut fort étonné de ne pas avoir fait de mauvais rêves. Lorsqu’il se leva, il aperçut une toile d’araignée, perlée par la rosée du matin, tout près de l’arbre où il s’était endormi. Il a déduit alors que cette toile d’araignée était celle qui le protégeait de ses mauvais rêves.

Lorsqu’il retourna auprès de sa tribu, l’homme convaincu, décida de confectionner un objet en forme de toile d’araignée qu’il a suspendu dans sa cabane. La tribu, en a fait de même et à commencer à tisser de la toile pour capter les mauvais rêves.  Elle ornait la toile de perles pour symboliser la rosée du matin qui s’était posée sur la toile d’araignée.

Femme brune tenant un attrape rêve entre ses mains
L’attrape rêve représente fait parti intégrante de la spiritualité et des croyances amérindiennes.

La légende de la femme araignée

Cette légende est celle la plus racontée, en ce qui concerne l’attrape-rêve. Cette histoire remonte à l’époque de la tribu Ojibwé du Canada. Elle raconte qu’une femme araignée, nommée « Asibikaashi » est considérée comme l’esprit bienveillant sur les enfants. La femme araignée tissait de la toile toutes les nuits pour recueillir les premiers rayons de soleil et le ramenait au village.

Plus tard, la tribu Ojibwé commençait à s’élargir et la femme araignée ne pouvait plus veiller sur tous les enfants de la tribu. Elle décida alors de créer un objet qui pouvait la remplacer auprès de tous les enfants, afin de s’assurer que ceux-ci restaient protégés. C’est alors qu’elle ordonna à toutes les araignées de tisser des toiles dans les anneaux de bois qui constituaient les villages de la tribu Ojibwé. Ce capteur de rêves avait pour objectif de protéger les indigènes des mauvais esprits et notamment des mauvais rêves.

Les toiles d’araignée se trouvant sur les anneaux de bois étaient appelées les cercles sacrés.  Plus tard, les villageois ainsi que les chamans, convaincus du pouvoir apporté par les cercles sacrés, ont décidé de fabriquer eux-mêmes, un capteur de rêve. Celui-ci était formé d’un cercle en bois de saule avec des tissages à 8 points qui représentaient les pattes de l’araignée.  Le capteur de rêves apportait paix et sérénité au village durant la nuit et réveillait la tribu dans la joie et la bonne humeur.

La légende du Grand Esprit

La légende du grand Esprit est celle qui raconte l’histoire de l’attrape-rêve chez la tribu de Lakota, en Amérique.  Il s’y raconte, que dans cette tribu, le peuple était hanté par des mauvais rêves et des mauvais esprits. Les enfants étaient souvent apeurés et fatigués. Devant ce phénomène, le chef du village décida d’évoquer tous les sages de la tribu.

C’est alors qu’un grand Chaman s’en alla s’isoler dans la forêt afin d’invoquer les esprits et de réfléchir sereinement à ce qui arrivait à sa tribu. Au cours de sa méditation, le grand sage rencontra le Grand Esprit de la forêt. Celui-ci apparut sous forme d’araignée et expliqua au sage que son peuple était influencé par les forces positives et négatives et qu’il avait besoin d’un filtre pour garder les énergies positives. Le Grand Esprit aurait alors tissé une toile, destinée à guider le sage dans ses choix.

De retour au village, le Sage raconta au reste de la tribu sa rencontre avec le Grand Esprit, il leur convainc de fabriquer un objet en forme de toile d’araignée. Tous se mirent alors au travail pour fabriquer des toiles dans un cercle de sauge.  Cet objet a pour objectif de filtrer les mauvais rêves pour faire passer les bonnes énergies et rendre le peuple de nouveau joyeux. Les premiers attrape-rêves virent le jour. Des plumes et des rubans furent ajoutés au fur et à mesure.

L’attrape-rêve, un objet symbolique

Selon les différentes légendes autour de l’attrape-rêve, cet objet n’a qu’une seule raison d’être : celle de capter les mauvais rêves ou les mauvais esprits qui tournent autour du peuple durant leur sommeil.  L’attrape-rêve sert à filtrer les rêves, à emprisonner les cauchemars et à laisser passer les bons rêves. Mais plus que ça, car l’attrape-rêve est devenue tout un objet symbolique dans la croyance et la spiritualité. L’attrape-rêve sert à filtrer les mauvaises expériences de la vie afin de n’en garder que les bonnes et y recueillir les forces positives.

Selon les légendes amérindiennes, l’attrape-rêve doit être fabriquée par soi-même pour que ses effets protecteurs soient plus puissants. Si une personne décide de fabriquer des attrape-rêves pour en faire un cadeau, il faut que ce soit celle qui a fabriqué, qui offre le cadeau en personne, à celle qui le reçoit. Plusieurs croyances sont associées au capteur de rêves. Outre, son pouvoir de filtrer les mauvais esprits, le capteur de rêve pouvait également, chez certaines tribus, lire l’avenir. Plusieurs croyances autour de l’attrape-rêve veulent qu’il soit placé à la fenêtre pour qu’il fonctionne, d’autres pensent qu’il faut le placer sur le lit.

Attrape-rêve en face d'un coucher de soleil
L’attrape-rêve capte les mauvais rêves à la tombée de la nuit.

La signification de l’attrape-rêve

Chaque élément qui constitue l’attrape-rêve porte une signification importante chez toutes les tribus amérindiennes. C’est pourquoi dans la confection du capteur de rêve, les éléments ont été soigneusement choisis, que ce soit en termes de matière comme en termes de forme :

Le cerceau

L’attrape-rêve est de forme ronde et représente un cercle. Le cercle est censé représenté le cycle de la vie.  Cela comprend tous les éléments autour de la vie humaine comme la terre, les planètes, la lune, le soleil, l’eau, le feu, le cycle du jour et de la nuit, mais aussi les variations de saison. Le cerceau représente également le soleil qui apporte les forces positives.

Le cercle est généralement réalisé en branche de sauge rouge. Dans la culture amérindienne, la sauge est utilisée pour purifier les âmes et les lieux, mais aussi pourchasser les mauvais esprits. C’est pour cela qu’il a été soigneusement choisi pour former le capteur de rêves.

Le tissage

Le tissage traditionnel de l’attrape-rêve est basé sur la toile d’araignée.  Mais le nombre de contacts avec le cercle de sauge représente différentes significations qui se répartissent comme suit :

  • Si le tissage fait 7 points d’ancrage au niveau du cercle, cela signifie les 7 fondements de la culture amérindienne.
  • Si le tissage fait 8 points d’ancrage, cela représente les 8 pattes d’araignée
  • Si le tissage fait 13 points d’ancrage sur le cercle, cela représente les 13 phases de la lune

Le trou au centre de l’attrape-rêve est le passage des bons rêves. Tandis que la toile sert à filtrer les mauvais rêves, les mauvais esprits ou les énergies négatives. La toile permet aussi de cueillir les premiers rayons de soleil qui sont notamment censés apporter la paix et la sérénité durant la journée.

Attrape Rêve tissé blanc
Encore aujourd’hui la plupart des attrape-rêves sont faits à la main de manière artisanale.

La perle centrale

Dans certains modèles de capteurs de rêve, on retrouve une perle au centre de tissage de la toile. La perle centrale signifie la présence de l’araignée. Dans certaines tribus amérindiennes, notamment chez les Lakota, l’araignée représente le Grand Esprit. Chez les Ojibwé, la perle centrale représente la Femme araignée protectrice des enfants. Ce sont notamment les esprits protecteurs qui guident les tribus et les protègent durant leurs sommeils.

Les plumes

Les plumes sont symbole de légèreté, de douceur, mais aussi de l’air. C’est le premier fondement de la culture amérindienne. Les plumes sont choisies parce qu’ils permettent aux rêves de glisser jusqu’aux propriétaires de l’objet. En outre, les plumes permettent aussi de créer le lien entre les hommes et le Grand Esprit protecteur.

Les perles et les rubans, ainsi que les plumes sont aussi destinés à collecter les rêves qui ont traversé les trous, c’est-à-dire les énergies positives qui ont été laissées passer.

Comprendre la culture amérindienne pour comprendre l’attrape-rêve

Dans la culture amérindienne, l’attrape-rêve est un symbole à part entière. Il représente un élément essentiel sans lequel les tribus ne pouvaient vivre. Ainsi, ils ont confectionné les attrape-rêves selon les fondements de la culture amérindienne. Ces fondements reposent sur 7 points essentiels qui sont :

L’air

L’air représenté par les plumes dans l’attrape-rêve signifie la vie, l’air que l’on respire. Cela représente également le vent.

Les esprits

Les esprits sont très importants et occupent une grande partie de la croyance et de la spiritualité dans la culture amérindienne. Les esprits pouvaient prendre plusieurs formes et plusieurs apparences. Dans l’origine des attrape-rêves, les esprits étaient représentés par des araignées.

Les points cardinaux

Les points cardinaux étaient leurs points de repère par rapport au temps et à l’espace.  Le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest indiquaient la direction à prendre, mais servaient aussi de repères durant les cérémonies et rituels divers.

La terre

La culture amérindienne chérit beaucoup la terre et la considère comme une génitrice. C’est de la terre que provient toute sorte de vie. Ainsi, il faut la protéger, la respecter et aussi prendre soin d’elle. Les Amérindiens vivaient en parfaite harmonie avec la terre. Ils l’entretenaient pour qu’elle puisse continuer à offrir généreusement la terre aux futures générations.

Le cycle

La vie des Amérindiens suivait des cycles : jours et nuits, soleil et lune, mouvement de la terre et les planètes, la naissance et la mort.

La prière

Les Amérindiens étaient de vrais spirituels. Ils s’associaient au Grand Esprit à travers la prière. C’est un lien qui les unit à la vie et à l’âme.

Le nom

Chez les Amérindiens, chaque nom donné à un nouveau-né a une grande signification. Souvent, le nom est obtenu grâce à une vision après un rêve, mais aussi pour faire honneur à un proche disparu.

Les 13 phases de la lune

L’attrape-rêve est aussi confectionné selon les 13 phases de la lune. Les phases de la lune étaient une sorte de repère dans le temps, une sorte de calendrier chez les Amérindiens. À chaque cycle lunaire correspond un nom selon la période à laquelle se produit la phase. Chaque lune symbolise les forces de la Nature qui nourrissent chaque être humain.

  • Lune des Esprits (Janvier) : le moment où les esprits dansent dans le Ciel.
  • Lune des Ours (Février) : l’Ours se réveille et apporte la guérison
  • Lune de couche de glace (Mars) : début de printemps
  • Lune des Raquettes brisées (Mars-Avril) : renouveau de la création, guérison
  • Lune du Sucre (avril) : la sève d’érable est recueillie pour en faire un remède qui nettoie le sang
  • Lune du Poisson-Meunier (Mai) : le poisson meunier purifie l’eau qui donne la vie à celui qui la boit.
  • Lune des Baies (juillet) : les baies représentent la fertilité et le cycle de la vie
  • Lune de Riz (Aout) : signifie le temps de la récolte
  • Lune de changement des feuilles (Septembre) : elle signifie l’acceptation du changement
  • Lune de la Gelée (Novembre) : signifie le temps de repos
  • Lune du petit Esprit : c’est le moment où sont célébrés les ancêtres et ceux qui viennent de partir.

L’attrape-rêve est plus qu’un objet de décoration tendance. Il représente un lien entre les énergies positives, la spiritualité et les croyances des tribus amérindiennes. C’est un symbole de la vie qu’il faut en prendre soin pour qu’il puisse donner entièrement satisfaction à la personne qui le détient.

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