Art ancestral chinois, le tai-chi se diffère des autres types d’arts martiaux par ses principes et ses pratiques. Cette sorte de gymnastique douce fait appel à la méditation et aux mouvements. En plus d’être une pratique sportive, le tai-chi est une discipline de vie qui présente de nombreux bienfaits sur la santé. Explications.

Qu’est-ce que le tai-chi ?

Le tai-chi est un art martial chinois lent. Il prend la forme d’une gymnastique énergétique douce qui se diffère des autres arts martiaux un peu durs et secs. Il sollicite des mouvements fluides et souples, réalisés avec de la lenteur. Il aspire au calme et à la concentration totale. C’est pour cela qu’il est aussi considéré comme de la « méditation en mouvement ».

Aussi appelé, la « boxe de l’ombre » ou la « boxe dans le vide », le tai-chi possède de légères ressemblances aux techniques de boxe. En effet, dans la pratique, il peut sembler que le pratiquant se bat contre un adversaire invisible ou imaginaire. Dans certaines formes de tai-chi, le pratiquant peut disposer d’une arme.

Femme pratiquant le tai-chi dans un parc
Femme pratiquant le tai-chi dans un parc

La légende du tai-chi

Selon la légende, le tai-chi serait apparu dès 600-700 av. J.-C, vers le début de la dynastie Ming. C’est un moine taoïste qui serait à l’origine de cette pratique. Expert en arts martiaux, le moine Zhang Sanfeng qui vivait dans le temple Shaolin s’en alla un jour méditer sur le mont Wudang. C’est alors qu’il aperçoit une grue tentant de combattre un serpent. L’oiseau attaquait les serpents avec des coups de bec droits et durs. Le serpent se défendait en s’esquivant avec des mouvements souples et fluides pour ensuite contre-attaquer rapidement. Cette démonstration lui a permis de réaliser que les mouvements ininterrompus, souples et constants étaient plus intelligents que les coups durs et saccadés.

Il comprit également que faire usage de force et dureté ne menait qu’à l’échec par rapport à la souplesse et la flexibilité. C’est ainsi que le maître Zhang SanFeng créa la discipline du Tai-chi Chuan. Ce n’est que plus tard, sous la dynastie Qing que le tai-chi chuan a pris une place importante et a été reconnu par les maitres de l’époque, grâce notamment à Wang Zongyue qui serait reconnu comme fondateur principal de cette discipline.

Montagnes près du temple bouddhiste de Shaolin
Selon la légende l’origine du Tai-chi viendrait de ces montagnes près du temple bouddhiste de Shaolin

L’évolution du tai-chi

D’autre part, le tai-chi fut déjà évoqué dans les livres de Lao Tseu, où il faisait référence à un adversaire absent. Plus tard, le tai-chi chuan se divisa pour prendre plusieurs formes. Il existe désormais le tai-chi chuan style Chen, l’art initial ; le tai-chi chuan style Yang, le plus répandu ; le tai-chi chuan style Wu-Chen et bien d’autres.

Les formes de tai-chi diffèrent selon les maitres. Dans tous les cas, il repose sur un travail intérieur, à partir d’enchaînements techniques, de mouvements souples et flexibles, la continuité et la lenteur des mouvements.

Les principes du tai-chi

Le tai-chi est considéré comme une danse mêlée à un combat. C’est un art martial dit interne puisqu’il fait travailler l’énergie vitale « le QI » contrairement aux arts martiaux durs comme le Kung-Fu qui fait travailler la force. Les mouvements sont puisés dans le centre du corps, au siège de l’énergie vitale. Il se base sur les points chakras (ce sont les points énergétiques du corps).

La pratique du tai-chi consiste à faire des mouvements gestes, lents et déliés. Elle mêle concentration, respiration et lenteur des enchaînements. Le pratiquant enchaîne avec des mouvements lents, sans interruption brusque. Durant l’entraînement, le pratiquant alterne avec la respiration profonde et lente. Son principe consiste également à faire des mouvements équilibrés et en harmonie.

Femme agée pratiquant dans un parc le tai-chi
Le tai-chi est fait de gestes lents et maîtrisés

Les 10 principes essentiels du tai-chi

Que ce soit pour le tai-chi chuan yang ou le tai-chichuan Chen, le tai-chi repose sur 10 principes essentiels, qui renferment les règles de base de l’art martial. Ce sont les 10 principes fondamentaux qui ont été mis en place par le maitre fondateur Zhang Sanfeng.

1- Faire le vide dans la tête, l’esprit et faire le plein d’énergie

Ce principe consiste à faire le vide dans l’esprit et la tête, à partir de la nuque. Pour cela, il faut maintenir le cou bien élevé afin de pousser l’énergie du centre du corps vers le haut.

2- relâcher la poitrine et dresser le dos vers le haut

Relâcher la poitrine permet au souffle de descendre pour une respiration profonde. Cela permet aussi d’étirer le dos vers le haut.

3- Détendre la taille

Relâcher la taille permet de réaliser les mouvements qui en dépendent largement. Cela aussi permet aux pieds de rester bien stable.

4- faire le vide et le plein

À travers la posture, chaque pratiquant doit distinguer le « plein » du « vide ». Cela permet entre autres d’être stable, mais aussi flexible dans tous les mouvements.

5- relâcher les épaules et les coudes

Relâcher ces parties permet de réaliser les mouvements avec de la lenteur, comme il est requis.

6- Utiliser l’intention et non la force

La discipline du tai-chi repose sur l’intention et non la force. L’usage de la force y est en quelque sorte interdit.

7- Synchroniser tout le corps

La coordination des parties supérieures et les parties inférieures du corps permet de trouver l’équilibre.

8- Harmoniser l’intérieur et l’extérieur

Cela permet de créer une relation entre les parties internes et externes dans le but de créer l’équilibre.

9- pratiquer la continuité

Les mouvements doivent être réalisés dans la continuité, sans interruption ni mouvements brusques.

10- Faire des mouvements calmes

Le tai-chi repose sur des mouvements de quiétude, calmes sans bousculements. La tranquillité du mouvement traduit qu’il y a immobilité à l’intérieur.

Les armes dans le tai-chi

Selon le tai-chi yang traditionnel, il existe des armes que les pratiquants utilisent. Sous forme de sabre ou d’épée, l’arme est utilisée pour prolonger le corps et permettre une meilleure réalisation de soi. Elle permet de prolonger l’énergie du corps (le QI) jusqu’à au bout de la lame. Il existe deux types d’armes :

– L’arme courte : sous forme d’épée à 67 mouvements et de sabre à 13 chants.

– L’arme longue : sous forme de lance ou de bâton de 13 séquences

Jeune femme danseuse effectuant du qi gong avec une épée
Exemple d’armes utilisées

Le tai-chi en tant que médecine 

Le tai-chi fait partie de la Médecine Traditionnelle Chinoise ou MTC. Il forme avec le Qi Gong, l’une des 5 branches de cette pratique. Les 4 autres branches sont l’acupuncture, la diététique chinoise, la pharmacopée des herbes médicinales, et le massage Tui Na. Pour cette raison, la pratique du Tai-Chi est recommandée pour préserver la santé, mais aussi pour aider les personnes souffrantes de maladie à mieux vivre, à mieux guérir. Le tai-chi en tant que médecine traditionnelle possède de nombreux bienfaits sur le corps et sur l’esprit. Il vise à maintenir l’harmonie entre l’énergie à l’intérieur du corps, ainsi qu’entre le corps et les autres éléments extérieurs. Selon la MTC, la santé est liée à la capacité de l’organisme à rester dynamique dans toutes les circonstances pour affronter les agressions extérieures. Pour que cet équilibre se maintienne, l’harmonie doit se trouver dans chaque organe du corps. Le tai-chi aide donc à maintenir cette harmonie dans chaque organe du corps.

Quels sont les bienfaits du tai-chi ?

Le tai-chi est un art qui favorise le corps, l’esprit, l’âme et l’énergie humaine. Ainsi, il propose de nombreux bienfaits sur la santé, que ce soit sur la santé physique, mentale ou émotionnelle.

Il lutte contre les maladies musculo-squelettique

La pratique régulière du tai-chi présente de nombreuses vertus sur le corps et sur l’énergie. Tout d’abord, grâce aux détriments progressifs, cet art améliore la souplesse et la flexibilité du corps. Le tai-chi stimule en effet, les systèmes musculaires, sensoriels, neuromusculaires ou musculo-squelettiques. Ainsi, le tai-chi soulage et prévient les maux tels que l’arthrose, la lombalgie, la fibromyalgie, la polyarthrite.

Il réduit les risques de maladies cardiovasculaires et pulmonaires

Pratiqué de façon modérée, le tai-chi possède également des bienfaits sur la santé cardiovasculaire. En faisant travailler le corps, il stimule le cœur et permet de soutenir l’effort. Il réduit ainsi les risques cardiovasculaires tels que l’hyperlipidémie, l’hypertension. En outre, le tai-chi favorise également une meilleure circulation du sang dans le corps. Le travail de l’énergie améliore le pompage du sang par le cœur. Pratiqué 2 fois par semaine, il permet de réduire la tension artérielle. En outre, il permet aussi d’améliorer la santé pulmonaire.

Il améliore l’équilibre et la coordination

La pratique du tai-chi évoque l’équilibre et la coordination des mouvements et du corps. Le jeu de transfert du poids d’un pied à l’autre améliore le sens de l’équilibre. L’harmonisation des mouvements améliore la coordination. L’équilibre du mental et la coordination du corps permettent de bien cerner chaque étape de la vie quotidienne.

Homme asiatique et femme faisant du Tai Chi dans un jardin

Il permet de se sentir bien psychologiquement

L’art du tai-chi repose sur la concentration mentale, l’équilibre du corps, le relâchement des muscles et la respiration profonde. Cela permet d’améliorer la santé psychologique et prévenir les troubles. Ainsi, le tai-chi se révèle efficace pour se sentir mieux dans son esprit. Il est préconisé pour lutter contre la dépression, l’anxiété, le stress et la pression. Il permet aussi de gérer les troubles d’humeur (colère, peine, tristesse, etc.). En outre, il aide à améliorer l’estime de soi.

Il prévient les maladies des personnes âgées

La pratique du tai-chi permet d’améliorer l’équilibre et de réduire les risques de chutes qui surviennent généralement chez les personnes âgées. En agissant sur le mental, il permet aussi de réduire la peur de tomber.

En outre, le tai-chi fait appel à la concentration et à la mémoire. Le fait de mémoriser les mouvements et les effectuer demande un réel effort d’attention. Ainsi, il pourrait être bénéfique pour les personnes âgées. Il peut lutter contre l’Alzheimer et la maladie de Parkinson grâce aux mouvements.

Il améliore l’état des personnes atteintes de cancer

La pratique du tai-chi est préconisée par les médecins, pour les personnes atteintes de cancer. Cela les permet de mieux supporter la maladie ainsi que les effets secondaires du traitement. Selon des études menées sur des personnes cancéreuses, le tai-chi aurait donc des effets bénéfiques sur la fatigue, les fonctions immunitaires et sur le niveau de cortisol (hormone du stress). Il permet de faire sentir mieux et de ressentir un bien-être intérieur malgré la maladie. En somme, il peut améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de cancer.

Il favorise le sommeil

Le tai-chi améliore également le sommeil chez les personnes qui souffrent de troubles de sommeil ou sont souvent sujettes à des insomnies répétées. La concentration et la méditation permettent de faire le vide dans l’esprit et favorisent la prise de sommeil. Il est surtout conseillé pour les personnes âgées qui ont du mal à dormir. Les études ont montré qu’une personne qui pratique régulièrement, soit 2 à 3 fois par semaine, peut avoir un sommeil complet la nuit, sans interruption. Il permet aussi de prendre sommeil très vite.

Il renforce le système musculaire

Tout comme il combat les maux de dos, les maladies musculo-squelettiques, le tai-chi permet de renforcer les muscles. La coordination des mouvements, les mouvements lents et les postures améliorent le muscle et évitent les déchirements musculaires ou les problèmes de tendons. Voilà pourquoi il aide à combattre les arthroses, la lombalgie, etc.

Il stimule la mémoire

Que ce soit pour les personnes âgées ou encore pour les enfants, le tai-chi aide à améliorer la capacité de mémoriser. Grâce à la coordination des mouvements, équilibre et énergie du corps, le tai-chi aide à se concentrer et par conséquent, aide à préserver la mémoire. C’est une bonne pratique notamment pour les enfants ou les adolescents en classe d’examen ou pour les enfants qui ont des problèmes de concentration. Pour les personnes âgées, cela permet de faire travailler la mémoire et l’esprit après l’arrêt de la vie active.

Il améliore les capacités fonctionnelles des femmes

Les femmes peuvent également profiter des bienfaits du tai-chi. Ces bienfaits s’adressent surtout pour les femmes qui ont eu auparavant un cancer de sein. Selon plusieurs études, il serait une aide psychologique efficace qui permet aux femmes de récupérer plus vite ses capacités fonctionnelles après un traitement de cancer.  Combiné à une séance de marche, le tai-chi peut améliorer rapidement l’estime de soi, la confiance en soi et la motivation, en vue d’une guérison rapide et moins douloureuse.

Conclusion

Le tai-chi est une pratique adaptée pour tout âge. Enfants, adultes et personnes âgées peuvent le pratiquer. Cet art ne demande que peu d’efforts. Si vous souhaitez profiter de ses bienfaits, pratiquer le tai-chi 2 à 3 fois par semaine ne sera que bénéfique pour vous.

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